affaires publiques. La tyrannie de la majorité réside ainsi dans l’oubli de l’intérêt général et la pénalisation de certaines parties de la population. La tyrannie de la majorité est plus dangereuse encore intellectuellement que la répression brutale de l’inquisition ou des différentes formes de censure ; les dernières tentent d’empêcher la diffusion de ce qui est déjà conçu, la première empêche de concevoir. 13 thoughts on “ Démocratie, tyrannie des minorités, paradoxes de la majorité ” Ping : iPhilo » Démocratie, tyrannie des minorités, paradoxes de la majorité piquet 23 juillet 2017 à 20:06. Tocqueville s’en inquiète : les conséquences de cet état de choses sont funestes et dangereuses pour l’avenir 1. « La démocratie est essentiellement un moyen, un procédé utilitaire pour sauvegarder la paix intérieure et la liberté individuelle. Son approche est totalement originale, passant dune philosophie normative qui prévalait chez les Classiques (Montesquieu, Rousseau ou les Grecs) à une approche descriptive et clinique de la démocratie. 3- La tyrannie de la majorité : Ce qui caractérise en politique la Démocratie de l’Aristocratie, c’est que la première est fondée sur la volonté générale dont parle Rousseau. Le gouvernement qu'on appelle mixte m'a toujours semblé une chimère. La justice forme donc la borne du droit de chaque peuple. Dans l’intervalle, le compromis constitutionnel fondateur, qui avait pour but d’empêcher une tyrannie de la majorité, risque de déboucher sur une tyrannie de la minorité. Le principe de la primauté du droit exige que les actes de gouvernement soient conformes au droit, dont la Constitution. »[citation nécessaire]. Dans l'arrêt R. c. Big M Drug Mart Ltd. (1985), le juge Dickson de la Cour suprême du Canada affirme (pour la majorité) : « Une majorité religieuse, ou l'état à sa demande, ne peut, pour des motifs religieux, imposer sa propre conception de ce qui est bon et vrai aux citoyens qui ne partagent pas le même point de vue. Mais, dans les démocraties libérales (démocraties constitutionnelles), le Parlement (représentant le peuple) n'est pas omnipotent. Supposez encore que de deux races vivant ensemble – Celtes et Saxons par exemple, – la plus nombreuse décidât de faire des individus de l’autre race ses esclaves. Alexis de Tocqueville est la figure de proue du libéralisme en philosophie politique. Pour moi, je ne saurais le croire ; et le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs[5]. II n'y a pas donc sur la terre d'autorité si respectable en elle-même, ou revêtue d'un droit si sacré, que je voulusse laisser agir sans contrôle et dominer sans obstacles. Des milliers de livres avec la livraison chez vous en 1 jour ou en magasin avec -5% de réduction . Le philosophe franco-suisse Benjamin Constant est l'un des premiers à mettre en avant ce risque dans ses Principes de politique (1806), tout en défendant la nécessité d'un régime représentatif : « L'erreur de ceux qui, de bonne foi dans leur amour de la liberté, ont accordé à la souveraineté du peuple un pouvoir sans bornes, vient de la manière dont se sont formées leurs idées en politique. Dans une démocratie, le peuple est souverain (suprématie ou souveraineté parlementaire)[10] et les décisions politiques (telles que l'adoption des lois) sont prises à la majorité conformément au principe démocratique[11]. C'est pourquoi il demeure primordial de limiter le pouvoir du gouvernement sur les individus [...] Ainsi range-t-on aujourd'hui, dans les spéculations politiques, la tyrannie de la majorité au nombre de ces maux contre lesquels la société doit se protéger[7]. Ces risques ont en particulier été évoqués par les penseurs libéraux. La Constitution (considérée comme la loi suprême du pays) limite ses pouvoirs afin d'éviter qu'il en abuse (éviter « la tyrannie de la majorité ») et afin que soient préservées les valeurs constitutionnelles. ©Electre 2020 Deuxièmement, une constitution peut chercher à garantir que des groupes minoritaires vulnérables bénéficient des institutions et des droits nécessaires pour préserver et promouvoir leur identité propre face aux tendances assimilatrices de la majorité »[14]. Obama, Tocqueville et la révolte de la minorité blanche . Dans Le Droit d'ignorer l'État (1850), Herbert Spencer pointe également ce problème : « Des superstitions politiques auxquelles il a été fait allusion précédemment, aucune n'est aussi universellement répandue que l'idée selon laquelle les majorités seraient toutes-puissantes. Or, si vous admettez qu'un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n'admettez-vous pas la même chose pour une majorité? Le philosophe franco-suisse Benjamin Constant est l'un des premiers à mettre en avant ce risque dans ses Principes de politique (1806), tout en défendant la nécessité d'un régime représentatif : langage d'esclave. Mais assurément, Socrate aurait eu plus de liberté — d'expression et même d'action — si, comme Aristote, il avait fui Athènes et sa démocratie, au lieu d'en accepter les lois, bonnes et mauvaises, édictées et appliquées par lui et ses concitoyens. Cependant, il existe une tyrannie de la majorité où la minorité n'est pas entendue comme elle devrait l'être. pouvoir. », « Mais la majorité elle-même n’est pas toute-puissante. 52(1) de la Loi constitutionnelle de 1982 : « La Constitution du Canada est la loi suprême du Canada ; elle rend inopérantes les dispositions incompatibles de toute autre règle de droit ». forts? Il y a des gens qui n'ont pas craint de dire qu'un peuple, dans les objets qui n'intéressaient que lui-même, ne pouvait sortir entièrement des limites de la justice et de la raison, et qu'ainsi on ne devait pas craindre de donner tout pouvoir à la majorité qui le représente. Prenons le cas canadien. soit, et je ne vois que Dieu qui puisse sans danger être tout-puissant, parce que sa sagesse et sa justice sont toujours égales à son En d'autres mots, le principe du constitutionnalisme exige que les actes de gouvernement soient conformes à la Constitution. Si la volonté du grand nombre ne peut annuler le premier principe de moralité en ces cas-là, non plus elle ne le peut en aucun autre. L'erreur est venue de ce que, voyant sans cesse les intérêts des grands aux prises avec ceux du peuple, on n'a songé qu'à la lutte, au lieu de faire attention au résultat de cette lutte, qui était le point important. La majorité vit … Qu’est-ce donc que cette loi, sinon la loi de pure équité, – la loi d’égale liberté ? Avec des élections à la majorité des suffrages, les aspirations de la minorité … Tyrannie de la majorite, De tocqueville alexis, L'herne. Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus tous les hommes. ». Tocqueville y voit le risque de la tyrannie de la majorité au dépend de la minorité. La majorité reconnaît ces deux barrières, et s’il lui arrive de les franchir, c’est qu’elle a des passions, comme chaque homme, et que, semblable à eux, elle peut faire le mal en discernant le bien[3]. Tyrannie de la majorité - Alexis de Tocqueville. " Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu'on appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu'on l'exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis: là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller On peut entendre par politiquement correct "le cercle de la pensée" tel que décrit par Tocqueville, ou l'empire moral de la majorité et la "tyrannie de l'opinion sociale", selon John Stuart Mill. Or, si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité ? Pour Tocqueville, il existe un empire de la majorité Les individus doivent se conformés à la majorité sinon ils risquent d'être marginalisés. Tyrannie de la majorité (Français) Relié – 25 avril 2018 de Alexis de Tocqueville (Avec la contribution de) 1,0 sur 5 étoiles 1 évaluation Le jury, qui représente la société, doit-il avoir plus de puissance que la société elle-même Aussi Tocqueville est plus convaincant lorsqu’il montre que la majorité est comme un individu face à la minorité et que, puisqu’on admet la tyrannie d’un seul, il faut admettre la tyrannie de la majorité, ce qu’il a pu observer aux États-Unis vis-à-vis des esclaves noirs ou des amérindiens dépouillés de … un principe d'action qui domine tous les autres. Cela peut paraître inadmissible pour ceux qui considèrent qu'avoir peu de goût pour la chose publique ou la société est le signe d'un malaise ou d'une profonde aliénation, mais les tempéraments diffèrent, et trop d'enthousiasme pour des normes collectives peut conduire à l'intolérance et au mépris de la vie intérieure de chacun. vivre sous d'autre lois. La Cour suprême du Canada précise : « La légitimité de nos lois repose aussi sur un appel aux valeurs morales dont beaucoup sont enchâssées dans notre structure constitutionnelle. ISBN: 9782851973542. Pour bien comprendre l'étendue et l'importance des principes de la primauté du droit et du constitutionnalisme, il est utile de reconnaître explicitement les raisons pour lesquelles une constitution est placée hors de la portée de la règle de la simple majorité. A Gateway to Selected Documents and Web Sites. N'oublions pas non plus qu'il a souvent existé plus de liberté culturelle et spirituelle sous un pouvoir autocratique que sous certaines démocraties, — et qu'il est au moins concevable que sous le gouvernement d'une majorité homogène et doctrinaire, la démocratie soit aussi tyrannique que la pire des dictatures. De la démocratie en Amérique - Alexis de Tocqueville (1840) - Le concept de tyrannie de la majorité; Les partis politiques - Maurice Duverger (1651) - Les dynamiques partisanes; Les aides aux tournages en Europe et en Amérique du Nord : une guerre pour augmenter l'attractivité du territoire et éviter la … La constitutionnalisation de ces droits sert à garantir le respect et la protection qui leur sont dus. ou elle se dissout. Elle réduit la minorité au silence et lui interdit le droit à la parole. Cette concentration des pouvoirs, en même temps qu’elle nuit singulièrement à la bonne conduite des affaires, fonde “le despotisme de la majorité”[2]. Les hommes, en se réunissant, ont-ils changé de caractère? dont il applique les lois? Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Celui-ci étant le pouvoir qui émane le plus directement du peuple, est aussi celui qui participe le plus de sa toute-puissance. Panarchy - Panarchie - Panarchia - Panarquia - Παναρχία - “汎統治主義 Les intérêts de la minorité ne sont pas défendue, et parfois cette minorité est opprimée, et cette oppression est exercée au nom de la démocratie.5) Le despotisme démocratique. Dans son ouvrage De la démocratie en Amérique (1835), Alexis de Tocqueville traite du risque de la tyrannie de la majorité (ou « despotisme de la majorité »)[2]. L'Angleterre du dernier siècle, qu'on a particulièrement citée comme exemple de ces sortes de gouvernements, était un État essentiellement aristocratique, bien qu'il se trouvât dans son sein de grands éléments de démocratie; car les lois et les moeurs y étaient ainsi établies que l'aristocratie devait toujours, à la longue, y prédominer et diriger à sa volonté les Sinon, il doit être une troisième fois reconnu qu’il est une loi à laquelle la voix populaire doit déférer. Ils ne sauraient en transgresser les dispositions : en effet, leur seul droit à l'autorité qu'ils exercent réside dans les pouvoirs que leur confère la Constitution. Premièrement, une constitution peut fournir une protection supplémentaire à des droits et libertés fondamentaux qui, sans elle, ne seraient pas hors d'atteinte de l'action gouvernementale. », Influencé par Tocqueville, John Stuart Mill affirme dans son ouvrage De la liberté (1859), que « la tyrannie de la majorité » est l'un des maux contre lesquels la société doit se protéger. Posté le décembre 01, 2012, 8:22 . Dans l'introduction d’Éloge de la liberté (1958) (ouvrage dans lequel se trouve la distinction de l'auteur entre la « liberté positive » et la « liberté négative »), Isaiah Berlin affirme : « Certains de mes critiques protestent avec indignation à l'idée qu'un homme puisse, en ce sens, avoir une plus grande liberté "négative" sous la férule d'un despote tolérant ou inefficace que sous une intraitable démocratie égalitariste. AUTEUR: Alexis de Tocqueville Personne pense-t-il qu’un tel acte législatif serait défendable ? La Charte protège les minorités religieuses contre la menace de "tyrannie de la majorité" »[15]. Les hommes en se réunissant, ont-ils changé de caractère ? Sinon, il y a évidemment une limite au pouvoir d’une majorité. Sinon, il y a quelque chose à quoi son autorité doit être subordonnée. Cette autorité ne peut avoir d'autre source. De même, un homme peut se sentir étouffé dans une démocratie authentiquement et vigoureusement "participative" à cause des pressions sociales ou politiques qu'elle engendre et choisir de vivre sous un climat où il y a peut-être moins de participation à la vie publique, mais plus de place pour la vie privée, des formes d'organisation sociale moins dynamiques, moins grégaires, mais aussi moins de surveillance. Prix de soutien : 5 €, 10 €, 20 €, 50 € ou 100 €. Il affirme : « La volonté du peuple signifie en pratique la volonté du plus grand nombre [...] Il est donc possible que les « gens du peuple » soient tentés d'opprimer une partie des leurs ; aussi est-ce un abus de pouvoir dont il faut se prémunir au même titre qu'un autre. Elles sont un contrepoids à la tyrannie de la majorité et l’individualisme. Ils ont vu dans l'histoire un petit nombre d'hommes, ou même un seul, en possession d'un pouvoir immense, qui faisait beaucoup de mal ; mais leur courroux s'est dirigé contre les possesseurs du pouvoir, et non contre le pouvoir même. Malgré la déférence dont font généralement preuve les gouvernements démocratiques envers ces droits, il survient des occasions où la majorité peut être tentée de passer outre à des droits fondamentaux en vue d'accomplir plus efficacement et plus facilement certains objectifs collectifs. TAILLE DU FICHIER: 4,32 MB. Résumé. », Démocratie comme dictature de la majorité, Loi allemande des pleins pouvoirs de 1933, Alexis de Tocqueville : « La tyrannie de la majorité », extrait du tome I de, Conférence Isaiah Berlin : Les valeurs libérales en période difficile, La place du juge constitutionnel dans la vie publique, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Tyrannie_de_la_majorité&oldid=176081905, Portail:Sciences humaines et sociales/Articles liés, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence. Il n'y a pas, à vrai dire, de gouvernement mixte (dans le sens qu'on donne a ce mot), parce que, dans chaque société, on finit par découvrir Ces limitations, que tous voudraient mettre à la volonté de la majorité, sont exactement les limitations fixées par cette loi. Qu'est-ce donc une majorité prise collectivement sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des intérêts contraire à un autre individu qu'on nomme la minorité? La toute-puissance me semble en soi une chose mauvaise et dangereuse. », « L'essence du constitutionnalisme au Canada est exprimée dans le par. Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu'on l'a organisé aux Etats-Unis, ce n'est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible. Supposez, une fois encore, que tous les hommes ayant un revenu annuel de moins de 50 livres sterling résolussent de réduire à ce chiffre tous les revenus qui le dépassent et d’affecter l’excédent à des usages publics. Quelle majorité ? ». », « Qu’est-ce donc qu’une majorité prise collectivement, sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des intérêts contraires à un autre individu qu’on nomme la minorité ? ». Son approche doit dailleurs beaucoup à la philosophie de Machiavel, d… Il affirme : « Les démocraties sont naturellement portées à concentrer toute la force sociale dans les mains du corps législatif. La majorité dispose ainsi du pouvoir et dicte ses lois. NOM DE FICHIER: Tyrannie de la majorité.pdf. Pour lui, il faut empêcher la toute-puissance de la souveraineté du peuple par des contre-pouvoirs. (Deuxième Partie : Chapitre VII). En démocratie, la crainte est toujours justifiée d’une « tyrannie de la majorité » [1]. L’autorité du plus grand nombre, en un tel cas, serait-elle valide ? Mais si elle agit comme si la minorité n’existait pas, qu’elle en ignore absolument les intérêts et les avis, pire, qu’elle l’opprime, on est en présence d’une . Prix de base 3 €. Ce serait une grave erreur d'assimiler la légitimité à la seule « volonté souveraine » ou à la seule règle de la majorité, à l'exclusion d'autres valeurs constitutionnelles[13]. La Constitution lie tous les gouvernements, tant fédéral que provinciaux, y compris l'exécutif (Operation Dismantle Inc. c. La Reine, [1985] 1 R.C.S. », « La domination du grand nombre par le petit nombre, nous l'appelons tyrannie : la domination du petit nombre par le grand nombre est tyrannie aussi, mais d'une nature moins intense[6]. En tant que telle, elle n'est nullement infaillible. Mais c'est là un Il développe ainsi à travers des exemples : « Supposez un instant que, frappée de quelque panique malthusienne, une puissance législative représentant dûment l’opinion publique projetât d’ordonner que tous les enfants à naître durant les dix années futures soient noyés. La vidéo « Alain Soral – La tyrannie de la minorité » est disponible en VoD ! Nous nions le droit d’une majorité d’assassiner, d’asservir ou de voler, simplement parce que l’assassinat, l’asservissement et le vol sont des violations de cette loi, – violations trop flagrantes pour être négligées.